Au delà des songes...

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12 juillet 2008

En passant...


Aujourd'hui, départ en camp pour deux semaine.
I will come back soon ;)


07 juillet 2008

du haut d' un train




Il suffit de prendre le moindre petit chemin en terre de France, quitte à endurer une marche variablement longue selon l'endurance des marcheurs, pour tomber à un moment, ou à l'autre, sur deux - quoiqu'il puisse arriver qu'il y en ai d'avantage mais rarement de façon impaires - longues et fines lignes d'acier.

Au premier abord la monotone linéarité des rails rend leurs étude, et toute réflexion à leurs sujet, barbante. Ils possèdent pourtant des vertus intrinsèques, des qualités subtiles qui font d'eux un objet de propos à la finalité intéressante mais à l'utilité réduite. Les voyageurs en effet les prennent comme point d'ancrage ou plutôt, car nous sommes ici pour trouver les termes justes, comme fil de conduite. Il me rappellent parfois ce fil que les nageurs en apnées usent pour retrouver de manière rapide et efficace la surface, cependant ce n'est pas le sujet.

Au dessus des gravillons rouges, puisqu'il nous faut revenir au sujet si nous voulons terminer nos propos, se perchent donc les rails. Se perchent? je devrait dire trônent car ils sont maitres incontestés de l'espace qu'ils occupent, ceci est vrai cependant que n'apparait pas un train, sinon ce dernier conquiert de façon passagère l'espace. C'est d'ailleurs de cette double situation de maitre et de subordonné (au train) que viens leurs humilité : un maintiens royal qui se conjugue à une discrétion servile. Sans compter que les rails découpent le paysages et gouvernent par la même les territoires qu'ils enclosent (mais nous ne nous épancheront pas sur cela).

Nos longue lignes droites sont entrecoupées par envers par de mi-longue lattes de bois, rappelant une échelle, mais pas celle qui servirait pour cueillir les pommes à un arbre, ce serait bien plutôt un outillage métaphysique qui permettrait de cueillir l'idée à l'arbre de l'esprit.
Et puis, c'est comme si quelqu'un avait voulu escalader la Terre, rien que cela nous dépasse! La grandeur et l'infinité de ce qui se déroule, au sens propre du terme, sous nos pied est impressionnante!

A bien y regarder des vis fixent l'acier au bois mais l'esprit semble vouloir oublier ce détail et ne s'attacher qu'à la notion d'éclat de l'endroit, de droiture de la ligne et d'horizon du concept. En cela les rails guident l'esprit du voyageur qui y trouve l'idée de l'échelle que nous avons pu développer ci-dessus et laisse la pensée cheminer et escalader l'horizon.

Pourtant s'il est une chose qui semble vouloir arrêter les rails c'est bien l'homme, ce qui est un étrange paradoxe au regard du fait que l'esprit tente d'effacer le lien logique qui existe entre la présence des rails et celle des hommes (rappelez-vous : l'esprit veut oublier les "vis"). Ainsi l'homme arrête les rails en gare et donc la réflexion du voyageur qui ne serait pas occuper à manger quelque sandwich mollasson ou regarder en artiste sa troublante voisine.

Et il faut donc parfois terminer le voyage. Fatalement vient le terminus : l'esprit s'accroche au rails qui partent en tournant et disparaissent à l'horizon, il faut donc accepter de perdre sa réflexion de vue en gare. Cela explique l'abasourdissement de l'arrivée après un long voyage : l'esprit s'attend.

En bref, les rails ont cela de magique qu'ils guident sans mener.

(image sous licence CC-BY, issue de la galerie freephotobank )

25 juin 2008

Pensées d'un soir


Mes pensées sont lourdes et pesantes, elles se retrouvent après de longues pérégrinations amères et désolées dans un carcan langagier que je ne parviens pas à dénouer.

Je n'ai pas la plume acerbe et ironique (mais agréable) d'Elbe qui nous fait réfléchir sans y penser.

Je ne possède pas la preste et entraînante écriture de Mlleeli qui nous parle de tout et de rien sans l'air d'y toucher.

Je n'ai pas, enfin, la clarté et la simplicité que possèdent bon nombre de mes amis à l'âme franche et à l'esprit déterminé.

Je n'ai pas tout cela, et pourtant...

Et pourtant, le plaisir d'écrire est toujours présent dans chacun de mes mots.

Au-delà du plaisir, il y a même une nécessité : celle d'exprimer ce qui ronge l'âme et distord son dialogue à l'esprit. Je n'ai pas la prétention de dire que je pourrais faire mieux que ce que je fais actuellement, d'une part parce que je ne pourrais sans doute pas et d'autre part parce que cela ne saurait être qu'un exercice contraint devenant, par là même, bancale.

J'écris donc au gré de mes folies ce qui me passe par la plume. Si certains ont dit de moi que j'étais quelque part poète, d'autres confinent mes écrits à de vagues vers sans art, fades et insipides. Allez savoir, où est la vérité ?
Il est vrai que parfois je me prends pour ce que je ne suis pas et - dans un élan de grandiloquence égocentrique — me voit comme un rimailleur de premier ordre, remisant intérieurement les lignes que d'autres ont pu écrire à de simples sinécures grotesques.
Mea Culpa.

Mais il ne serait pas juste de dire cela sans affirmer avec autant d'ardeur que je me reprends systématiquement grondant l'élan et haïssant cette satisfaction imméritée qui aveugle les sens et l'esprit vous coupant d'un monde de nuances.
Alors, reprenant ma prose que je trouve bancale, je tente de lui insuffler l'esprit qui fera d'elle une œuvre en tant que telle.
En vain, je n'y suis jamais arrivé.

C'est donc conscient de l'impérieuse nécessité d'écrire avec la volonté farouche de bien écrire, que je me retrouve devant ma feuille blanche et que, souvent, je me refuse de franchir le cap de l'écriture : ô fléau de la page blanche.

Cependant quelquefois la volonté vainc la timidité et les mots s'inscrivent alors sur la page, disant ce que ma bouche, malgré d'inter(minables) logorrhées, n'a pas voulu ou osé dire.
Mes articles sont rarement le fruit d'une réflexion construite, car je n'en ai pas : le doute et le compagnon de mes pensées et je n'arrive que très rarement à procéder à un simple choix.

Et c'est cela que je veux partager avec vous aujourd'hui : la poésie et l'art(me) qui me sied le mieux pour exprimer mes états d'esprit qui sont la seule chose dont je sois sûr.

Ainsi, ma poésie me permet-elle de vous dire combien le monde est complexe, combien il me pose problème.
Des problèmes pour le moi immédiat bien entendu, mais également - c'est moins visible et pourtant infiniment plus important - pour tous.

Ainsi, c'est à travers ma poésie que je partage avec vous ma peur en l'avenir d'un monde qui tremble et qui s'abîme.

Ainsi, c'est par mes vers que je pose les questions qui me taraudent : quelle est notre place ? Pour quel monde vivons-nous ? Faut-il se battre ; jusqu'où ? Etc.

Enfin, ce sont les quelques lignes que j'écris qui disent mes espoirs en l'avenir, ma croyance invaincue en ces joyaux relationnels qui font la beauté de la vie : la diversité ; l'amour ; la culture ; l'amitié ; la musique partagée ; ...

Tout cela m'apparait clairement ce soir et si je n'ai pas la plume de certains que j'admire pour leurs qualités intrinsèques ; si je ne possède pas la joie de vivre et la confiance que possèdent ceux à qui je confierais jusqu'à ma vie ; si j'ai le sentiment de devoir me faire pardonner de n'être que ce que je suis et non pas ce que je devrais être, j'ai toutefois le sentiment merveilleux d'avoir retrouvé la paix avec moi-même.

Et cela, croyez-moi, c'est déjà beaucoup...


Pensées d'un soir


Les nocturnes s'accrochent
Aux lumières perdues.
Mes soucis, seuls, s'oublient.

*

Le chat hurle à la mort
Pour je ne sais qui,
mes doutes, eux, s'envolent.

*

Le soir est doux et chaud
Pour les vagabonds,
Quand les étoiles s’éveillent.

*

Dans la nuit tombée doucement
Sur les toits de la ville,
Mon âme retrouve sa paix.

A la passante inconnue [1]


Une fois n'est pas coutume, voici un lecteur ainsi qu'une chanson non-libre...
Mais Brassens et son génie valent bien quelques digressions.
Pour compenser, je met un petit poème à moi. Libre bien sûr!



A la passante inconnue [1]

Comme une éclipse ;
Comme un éclat de lumière
Et comme le songe d'un instant.

Comme la joie la plus pure ;
Comme la plus sombre douleur
Et comme tout les instants d'éternité.

Comme le vent dans les arbres ;
Comme la blondeur des blés
Et comme la cime des montagnes.

Comme l'énigme des sphinx ;
Comme l'oubli du Styx
Et comme un moment inassouvie.

Comme le sourire de la muse
Et toutes ces choses qui nous dépassent.

C'est ainsi que se vit et s'oublie
La passante inconnue.

[poème intitulé "A la passante inconnue [1]"]
Copyright © [25 Juin 2008] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette œuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites
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16 juin 2008

l'Homme-bête...


Ô sang et lave !
Ô bouillonnements contraires ;
Ombres d'un ressentiment
Et souvenirs amères !

Ô sang de lave !
Ô envie de frapper ; de cogner
Et de mordre même,
Illusions d'un esprit tourmenté !

Ô sang et lave.
Ô volcan qui sommeil
Au cœur de la bête :
L'homme sans sommeil.

Ô sang de lave !
Ô sombres désirs inassouvis
D'un  faux prophète,
Un  homme-volcan, mort en sursis.

Ô sang de lave...
Bouillonnement de pensés,
L'homme-bête se hais.
Ô sombres muet, Ô dents serrées !

Ô colères ennemies,
L'homme-bête se hais...


[poème intitulé "L'homme-bête"]
Copyright © [16 Juin 2008] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette œuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites
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