Là-bas, loin de chez nous, des personnes que l'on ne connait pas et que l'on ne connaitra pas sont en guerre. On ne les connaitra plus, pardon, puisqu'elles gisent par terre, la gueule dans leur sang. Leur sang ? Fichtre non ! Ou du moins pas tellement, en effet c'est peut-être également celui des adversaires : eux aussi ont décidé de se planter en terre. Et pendant que l'on parlemente, pendant que les bien-pensants pensent bien, les femmes et les enfants trinquent. Quel manque de tact de leurs parts : nos plus jeunes soldats, venues en "libérateur" seront incommodés par la vue des cadavres, de la détresse et de la misère... Mais que dire ?
Ce sont des choses qui arrivent.
Guerre et Paix. On doit pouvoir être en Guerre tout en restant en paix. En gardant la paix même. Si, si, puisqu'on vous le dit ! Et comme au bowling, nos soldats servent de quille : Pan, une décurie rayée de la carte. C'est violent ? C'est triste ? Que dire de tous ces hommes et toutes ces femmes amoureux du drapeau qui s'en drapent et s'enterrent ? Que dire à ceux qui ne meurent pas ?
Ce sont des choses qui arrivent.
Si vous prenez le globe terrestre, situez la France. Vous l'avez ? Tournez alors le globe, vous verrez la chine. Quelle beauté ! Ces jeux et tous ces artifices, ici comme en Grèce antique la paix est de mise. Nous voulons la paix, entendez-vous ? Pas de contestation donc et encore moins de politique : ici, il ne s'agit que de sport, promis. Bien entendu, chacun regarde son drapeau, mais cela, ça n'est pas politique. Puisqu'on vous le dit ! Heureusement d'ailleurs, car alors une défaite serait tragique. Alors qu'aujourd'hui les athlètes sont épanouis et heureux de perdre. Et pendant ce temps, le peuple des montagnes attend la reconnaissance de son particularisme. Que pourrait-on faire ?
Ce sont des choses qui arrivent.
Ô peuple de la Terre, tu souffres ; tu crèves ; tu pleures ; tu ris et tu t'ignores, n'est-ce pas ? Qui sait cependant si ceux qui sont loin là-bas ne se portent pas mieux que votre voisin de palier ; que la pauvre fille dont on se fout et qui pleure sur le trottoir ; que toutes ces personnes que l'on oublie et que l'on ne voit plus. C'est violent ? Pourtant, la misère est partout. Mais que faire ?
Ce sont des choses qui arrivent.
Voilà longtemps que je n'avais plus écrit sur mon blog, me voici de retour après de longues vacances, un peu fatigantes il est vrai, mais génératrices de souvenirs et cela n'a pas de prix. Après quelques semaines, je reviens donc, mais le monde ne s'arrête pas en mon absence et bien des choses se déroulent. Des soldats meurent sur le globe ; des citoyens de la Terre sont spoliés ; des décisions liberticides sont prises avec légèretés ; une guerre se déclare ; l'ONU s'agite et prend de bonnes résolutions ; dans nos villes, des gens souffrent de la solitude et la misère nous gagne ; ...
Alors, vous pensez bien, tout cela nous fait discuter et donne l'occasion de faire de bons mots ; de réfléchir sur bien des sujets, de dire ce qui devrait être, ce que l'on devrait faire. Cependant, un soupçon de remords pourrait nous effleurer et nous amener à nous demander : ne peut-on rien faire ? Même pas : nous savons tous bien que nos gestes ne changent rien.
Ce sont des choses qui arrivent.
L'espoir pourtant m'habite et me guide et je me dis que nous ne devons pas rester de marbre.
Pardon, mais j'ai la faiblesse de croire qu'il le faut.
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