Au delà des songes...

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Mes opinions...

Fil des billets

20 janvier 2009

C'est à pleurer


C'est un peu amère mais pas vraiment surpris que je réécoute le discours de M. Obama.
Bien sûr, je savais que ce ne serais pas le fait que le président soit noir ou démocrate qui allait changer la donne, mais l'espoir - vecteur d'un peuple - que véhiculaient tous les médias commençait à me toucher : je croyais soudain que "yes we can".

Dans ce discours l'on retrouve pourtant tous les mythes dépassés et égotiques d'un pays malade, dont la principale gangrène est l'absolue conviction d'avoir raison et d'être dans le vrai. Cela est d'autant plus mauvais que cette certitude amène un faux sentiment de justice.
Dans ce discours resurgie l'idéal prométhéen qui loue les élites et marginalise les populations les plus faibles.

Le peuple américain en liesse jubile de ne pas avoir à se remettre véritablement en question,  et de s'entendre dire qu'il a fait le bon choix, qu'il est fort et qu'il est juste.
Le peuple français n'est pas moins con, il faut l'avouer, il commence d'ailleurs  à ressentir doucement l'effet" gueule de bois".

Dans ce discours aucune excuses, aucun mots qui ne sonne pas creux et une vision du monde simpliste pour le bon peuple. Il vaut sans doute mieux que je m'arrète là : nous verrons bien à froid.

Peut-être aurais-je été moins amère si l'espoir n'avais pas été aussi grand.
Peut-être est-il nécessaire aussi d'avouer que c'est la solution la "moins pire".

En attendant, de part et d'autre de l'atlantique, les sages semblent s'être tues depuis longtemps déjà.

Dommage...

Allons, rions, bientôt l'idée même d'un état social aura disparu en France alors que Keynes semble reprendre vie aux Etat-Unis.
C'est à pleurer !

12 octobre 2008

Apologie d'un espoir nouveau


Peut-on — doit-on – donner son avis à propos de tout et sur tous les sujets ? Si certains pseudo-philosophes populistes et pédants[1] estiment que oui, il est cependant clair que non.

Détruisez, je vous prie, cette idée, fausse, que tout le monde peut être spécialiste en tout. Personne ne songe à contester que la physique soit le domaine réservé des physiciens ; que l'art soit celui des artistes ; etc. Il en va de même pour toutes les sciences et notamment l'économie et la science politique.

Comprenons-nous bien : je ne fais pas, ici, l'apologie d'une forme aristocratique de gouvernement, la décision en fin revient toujours au peuple, mais la compréhension de certains processus complexes demande un discernement que ne confère qu'un long apprentissage rigoureux, comme dans chaque domaine.

La question se pose alors : ai-je le droit de parler de la crise ? Je ne crois pas, à vrai dire, si l'on considère que c'est un problème économique. Cependant, si l'on s'intéresse au pendant politique de la crise (car c'est une crise, on peut à présent en être certain), alors la réponse se doit d'être modérée. En effet, si je me spécialise dans la science politique, je ne prétends pas encore avoir suffisamment d'éléments, ni être suffisamment instruit, pour pouvoir donner une analyse « correcte » de ce phénomène.

Que reste-t-il alors ? Je ne puis prendre une posture scientifique,  aussi ne me reste que la posture citoyenne.
Croyez-vous que celle-ci constitue un paradoxe ? Fichtre non : si tout un chacun ne doit pas se tenter à une analyse tout de go, il peut se permettre d'émettre un avis avec la modestie et la précaution qui sont alors de rigueur.

C'est pourquoi, puisque nous avons fait ensemble la "rupture épistémologique" d'usage (comprenne qui voudra cette petite blague personnelle), je me permets de rappeler que je donne ici un avis de citoyen « non-spécialiste » qui se base sur des faits et une culture qui dépend de mon cheminement personnel. Cet avis ne saurait être parfaitement exact et possède, bien entendu, une forte prégnance des préjugés qui me construisent.

**

Ces jours derniers, nous avons pu assister à une avalanche médiatique concernant la crise financière mondiale qui touche tout un chacun de plein fouet. La finance semble s'être mise en roue libre et le désastre n'est plus évitable. Pourtant, parmi les jeunes, la confiance est parfois présente [2] : enfin, le monde se dénoue et montre son vrai visage.

Si tout semblait bloqué, cette crise apporte enfin la possibilité de changer la donne et de jouer un rôle.

Deux issues sont prévisibles : le retour à la normale et l'apparition d'un nouveau paradigme sociétal. Cependant, certains spécialistes[3] défendent la thèse selon laquelle le système capitaliste connaît là sa dernière phase et que de nouveaux systèmes sont mis en concurrence, notamment par des acteurs associatifs. Ainsi, l'avenir nous apportera sans doute de nouvelles façons de faire et de vivre ensemble de façon plus juste.
Mais ne nous voilons pas la face : le système peut également empirer et l'individuation s'aggraver...

 

En tout cas, le librisme[4] peut, et doit, s'exprimer ici afin de se faire valoir comme une réelle alternative au capitalisme. Il s'agit de suivre attentivement le développement de cette alternative.

 

Pour résumer, la crise n'apporte pas la misère, elle la rend plus flagrante et veut nous faire accroire que nous en sommes responsables. Ça n'est pas vrai, la finance mondiale se nourrit de la misère est accroit le fossé entre très riche et très pauvre : les chiffres sont éloquents [5]!

Nous étions en paix et la misère semblait loin dans nos pays développés, assez de cette hypocrisie ! Partout des hommes, des femmes et des enfants meurent et mourraient pour que d'autres puissent sauvegarder leurs puissances, qu’elle soit économique ou politique, que ce soit eux vous ou nous.

La chance qui s'offre à nous aujourd'hui est unique, le librisme s'avère une opportunité extraordinaire !

 

Vive la crise ! Vive le changement !


Notes

[1] A ce sujet - bien que l'on sache que la critique est facile et l'art difficile -, je vous renvoi au dossier lapidaire, mais légitime, du monde diplomatique : L’imposture Bernard-Henri Lévy

[2] Mon propos est un échos de ceux d'Elbe sur son blog dans son article daté du 10. octobre 2008 et intitulé "Vive la crise" ( http://lesyeuxinterdits.hautetfort.com ), gageons que ce ne sont là que les premiers remous issus d'un espoir renaissant...

[3] Je m'appuie ici sur l'intéressant entretiens, réalisé par le monde, de I. Wallerstein le 11.octobre 2008 et intitulé "Le capitalisme touche à sa fin" ( l'article est disponible ici ).

[4] Si vous voulez en apprendre davantage sur le librisme je vous renvoi à trois de mes billets à ce sujet : "Vivre libre" ; "A propos de liberté" et "De l'opportunité d'une république 5.1" (en fin d'article, dans la sous-partie intitulée "La séparation des pouvoirs et la culture libre").

[5] Voir, à ce sujet, deux article du monde diplomatique, l'un issu de la "valise diplomatique" (en ligne) : "Dividendes en hausse, salaires en baisse" (daté du 14 mars 2007) et l'autre issu du monde diplomatique du mois de mai 2008 : "Du pain, des jeux et des milliardaires".

25 août 2008

Discours sur la méthode ou rhétorique égotique d'une âme décousue

Tordez le cou à la rime, la poésie est un élan ! Tout l'art réside dans la faculté de l'assemblage à casser l'équilibre naturel des mots, leur faire prendre une orientation : c'est un sentiment !


L'audace est le premier instinct du rimailleur, la pleutrerie et le larmoiement excessif sont ceux du rimaillard.


Que l'on oublie les larmes si elles semblent trop simples, les mots disent la tristesse et la fuite, mais pas la mollesse que diable !


La facilité est la pire des ennemies et la rime est la muse des fainéants si l'on ne sait la dompter et la tordre à nos fantaisies.


La poésie est un art, c'est l'art de tous, en ce sens c'est également une science. Délicate comme toutes les sciences, elle requiert donc une dose de savoir, une part de talent et une portion de travail. Si l'on parvient à convenablement assembler ces composantes, l'on obtient les chants les plus beaux : ceux qui vont au l'âme (je ne dirais pas « au cœur » tant cela dénature le concept).


Certains dirons que Je n'ai pas le droit de dire cela. Vous me le refusez ? Hé bien, je le prends !


Trop longtemps, j'ai vu certains rimailleurs rimailler en n'usant que de leur talent, parfois réel et parfois fantasmé, accouchant alors de piètres rimes. Si la jeunesse peut excuser ce péché, vous devez néanmoins le fuir toujours !


La rime n'est pas poétique : c'est la poésie qui transcende la rime, l'une soutenant l'autre.


Que l'on me juge : la rime me fait peur et je l'évite, mon talent n'est pas suffisant.


Voyez, enfin, comme le mélange est l'arbre des plus beaux fruits, l'espèce humaine vous le montre, alternez donc à votre guise et votre envie. Inventez votre monde, l'art n'est là que pour vous, aussi je vous exhorte :


Tordez le cou à la rime, ne soyez pas sage, la poésie est un élan !


Soyez curieux ; osez ; lisez ; tentez !


L'art est à ce prix...


N.B. : À ceux qui trouvent que je suis trop sévère et trop prompt à juger ; trop moraliste et trop donneur de leçon, je leurs suggère de taper « poésie » dans google et d'admirer les chefs-d'œuvre poisseux de gentillesse qui en résulte.
Associer trop souvent la poésie à l'amour banalise les deux et détruit la symbolique ; la profondeur et l'importance de l'une comme de l'autre. Il en va ainsi de tout sentiment à vrai dire, la poésie est également un formidable facteur de réflexion, crénom! 


22 mai 2008

De l'opportunité d'une république 5.1

ou comment la nécessité d'une reforme constitutionnelle se fait ressentir : essai volontariste sur le besoin d'un changement au sein de l'Etat Français.

Aujourd'hui plus qu'hier, les signaux d'alarmes sonnent de toutes part le danger rampant de l'uniformisation sociale et de la bipolarisation politique en France. S'il n'est pas dans notre sujet d'affirmer que nous ne vivons pas en démocratie, car la France est et restera une démocratie, il est évident que notre république est malade. Que faut-il faire alors? Pouvons nous agir et n'est-il pas trop tard?

Le temps est élastique pour les Hommes dont la volonté d'agir reste entière, aussi l'espoir est fort qu'il se trouve des citoyens pour voir ; penser et façonner une nouvelle organisation institutionnelle en France. Cet espoir sera vecteur de notre article. Ne nous y trompons pas, il ne s'agit aucunement de demander à cor et à cri l'abolition de la Ve république et l'avènement d'un nouveau régime démocratique : nous sommes tous conscients que cela serais plus un « effet d'annonce » qu'autre chose, un faux semblant plus digne d'une patine dorée que d'une bonne couche d'antirouille.

Sachons rester modeste et reconnaissons que parfois il est plus avisé de raccommoder que de racheter : certes c'est moins élégant mais cela n'en demeure pas moins efficace, les raffinements rhétoriques nous les laissons aux parleurs, soyons acteurs!

Partant alors du constat qu'il faut agir et ayant la volonté de voir venir à nous la réforme constitutionnelle de la république Française - dans un sens plus social, plus humaniste, plus européen, bref plus cohérent[1]-, il faut se mettre à pointer les nombreux dysfonctionnements, ou du moins ceux qui nous semblent les plus patents, ceux qui sont les plus critiques.

Le présent article n'aura pas pour ambition d'être savant et de faire preuve d'une parfaite impartialité, la démarche heuristique est, nous l'avouons, faible. Voyez-y davantage le cri désabusé d'un citoyen qui constate chaque jours davantage les ravages de la déliquescence atlantiste et populiste de la vie politique française (et européenne ? ). Que pourront nous faire des constats et des suppliques qui vont suivres? De leurs nombres réduit viendra leurs forces : ces constats devront être la base essentielle à assainir, la matière du travail à effectuer. Par ces constats, les plus honnêtes des citoyens pourront faire de la France le modèle qu'elle devrait être dans un soucis constant d'intégration européenne et de propagation des idées fortes de la République : Liberté, Egalité, Fraternité.

Une inquiétante bipolarisation

Le temps du clivage binaire, noir/blanc, de la guerre froide est loin déjà, cela avait auguré une ère nouvelle au niveau mondial : enfin la multipolarité serais la norme et la diversité le credo. La jeune génération aujourd'hui n'a pas eue à se placer, à s'attacher à un bloc, elle ressent donc de façon plus présente qu'elle a légitimement le droit d'exprimer sa diversité et d'afficher sa pensée librement. Que le régime Français, dans la perspective déjà impulsée au sein de l'Union, reconnaisse que chaque échelle est valable, que toutes les opinions se valent et que personnes n'a à forcer les citoyens à faire un choix entre deux positions tranchées. Ici, vous le comprendrez, le propos est de défendre la représentation proportionnelle des chambres.

Que l'on jette aux orties le spectre de l'instabilité : des systèmes finement ciselés permettent aujourd'hui de contrer ces soucis de latence dû à l'indécision parlementaire. Et puis, au contraire, il s'agit de voir en ce temps de latence une chance qui est offerte de faire vivre un réel débat, reflet d'une population dont les opinions sont divergentes et contrastées. Que l'on laisse le temps au temps : dire que celui-ci presse est la pire des âneries, l'histoire nous prouve que se hâter pousse à se tromper.

Nous reviendrons sur cette idée de représentation citoyennes, notons simplement que le premier point est simple : nous souhaitons que la parole soit redonné aux minorité et nous espérons voir émerger au niveau national des représentants de tous les courants de pensées politiques. Liberté!

Pour un État social, pour une norme européenne « par le haut »

Face à l'émergence, ou du moins la clarification, d'une situation d'instabilité mondiale, l'heure n'est plus à la recherche d'un assouplissement des règlementations, que ce soit à propos du code du travail en particulier ou des code de lois à vocations sociales en général. La recherche d'une plus grande « flexibilité » n'est qu'une « poudre aux yeux » qui favorise une frange minoritaire de la population, se reconnaissant par ses normes et ses codes sociaux : une élite auto-désignée qui s'entretient, se légitimise et se coopte ; une élite dont la vocation est de chercher le nivellement par le bas des population afin d'assoir son assise et d'obtenir ainsi sa pérennisation [2].

Il s'agit de reconnaître que l'Etat doit être fort et assurer des services sociaux essentiels, que ce soit pour la retraite, pour le chômage, pour l'enseignement, etc. Il faut en finir avec la politique présidentialiste que la France subit actuellement : que l'on redonne au parlement un véritable pouvoir législatif! Il faut que ce soit l'expression du pluralisme populaire qui accouche des lois qui, demain, seront les vecteurs d'une conscience nouvelle.

Il est temps que le gouvernement assure de véritables droits à minima qui permettent d'assurer la pérennité de cette idée, essence de l'esprit qui anima 1789 : « Tout les hommes naissent libres et égaux en droit », que ce « droit aux droits » leurs soit assuré jusqu'à la mort. Ces droits à minima pourtant sont insuffisants s'ils ne s'inscrivent pas dans une perspective globale.

Nous ne nous feront pas les chantres des discours impérialistes et néo-colonialistes qui se drapent des Droits de l'Homme, mais nous reconnaissons la supériorité symbolique, morale et rhétorique de la DDHC[3] dans le monde Occidentale. Même ailleurs dans le monde, ce droit à l'égalité doit exister : c'est le droit au respect et à la dignité. Et ces droits ne pourront être assurés sans un logement décent, l'accès aux vivres et un travail valorisant! Aussi est-il temps que la France se saisisse de l'opportunité historique que représente la présidence de l'Union pour impulser un changement sur le long terme des orientations des politiques de l'Union Européenne.

En effet, c'est dans le cadre d'une fédéralisation progressive de l'Union, d'une mise en commun des moyens de coercition internationaux et d'une européanisation des politiques sociales « par le haut » que se propagera l'exemple. Ainsi pourra s'amorcer un changement mondial des mentalités qui permettrais de définir des normes nouvelles apte à réformer et à innover là ou le néo-libéralisme contemporain à défait l'unité, là ou il à sclérosé ou détruit les cadres fondamentaux.

En somme nous réclamons un cadre législatif européen qui imposerait des normes sociales qui pourront répondre à l'attente légitime des citoyens de tendre vers plus de dignité et de respect. Afin que chacun, quelque soit sa religions, son origine, sa langue, etc., puisse vivre et partager sa culture, en paix et en harmonie avec autrui. Egalité!

L'inacceptable mise à l'écart

Pourquoi n'est-il aujourd'hui pas donné à tous la chance de se développer harmonieusement au sein de nos société? Pourquoi chacun ne peut-il pas se construire un parcours exemplaire?

Pour une raison très simple : il manque à beaucoup les codes qu'élabore une élite (consciemment ou inconsciemment) et qui permettent de se construire ce parcours.

Nous avançons que le clivage que certains mettent en exergue entre égalité et liberté est totalement artificiel. Il s'agit d'une vision biaisée de l'égalité qui la conçoit comme un cadre et d'une vision erronée de la liberté qui la voit comme l'arme de la compétition interpersonnelle. Il est nécessaire que l'Etat assure à chaque citoyen un égal tremplin et, si besoin est, une aide suivie pour que tous le monde trouve sa place au sein de la société démocratique et républicaine que nous souhaitons voir émerger en France.

La vision de l'égalité que nous défendons peut parfois passer pour de l'égalitarisme mais il s'agit plutôt d'un départ nivelé qui privilégie les plus démunis face à la société et qui ne handicap pas les plus favorisés. La liberté, alors, se lie à l'égalité pour permettre à chacun, en mesure de ses ambitions, de faire ses preuves et de construire son projet.

Ainsi nous voulons faire comprendre, de façon très théorique, que l'égalité et la liberté ne sont pas deux valeurs qui se chassent mais qu'elles peuvent, au contraire, se liées pour faire de notre société une société un peu plus idéale ou chacun pourrait vivre en harmonie avec les autres. Cette vision est en parfaite adéquation avec l'adage républicain souvent cité mais trop peu appliqué : « les libertés de chacun s'arrête là où commencent celles des autres » : la liberté, diront nous, commence là ou l'égalité devient réalité.

Il est évident que ces paroles trop théoriques sont difficilement applicables si l'on adopte une vision simpliste et court-termiste, il faudra la volonté d'acier que confère la croyance d'un travail pour une cause juste. Cette vision suppose la mise en place d'un assemblage juridique complexe et mouvant en constante évolution dont le suivi devra être continuel, mais cela démontre bien la nécessité d'un Etat fort car le travail n'est jamais terminé et il faut et faudra se remettre cent fois à l'ouvrage. Nous rejetons la notion de discrimination positive car elle n'est qu'une demi-mesure court-termiste : il faut plutôt songer à profondément réformer la société et l'aménagement du territoire pour désenclaver des populations marginalisées de façon inacceptable, de façon que celles-ci puissent faire usage de leurs libertés, acquissent au prix de l'égalisation et du nivellement « par le haut ». Liberté et Egalité!

Pour une éducation républicaine, moderne, citoyenne et laïc

Notre république a pour socle certains principes qu'elle ne doit pas brader, non pas que ces valeurs qui ont éclairées notre histoire soit universels, mais parce que c'est ce qui construit notre identité, fait de la France le pays qu'elle est et fédère les citoyens. Nous voulons ici vous faire comprendre que nous défendons certes la propagation de certaines normes sociales au nom de la dignité des hommes du monde entier, mais que nous n'entendons pas niveler les cultures et les identités si celles-ci ne contreviennent pas à l'égalité-tremplin dont nous défendons le principe. Au contraire l'identité fait partie intégrante de la liberté-parcours qui se lie à l'égalité-tremplin, ainsi chacun doit être libre de participer au projet propre de chaque pays et les frontières ne doivent pas être imperméables aux flux migratoires.

Ainsi nous prônons, pour la France, le principe d'une éducation républicaine, citoyenne et laïc. L'éducation dans notre pays doit être une priorité, il s'agit d'enseigner au futur citoyens les principes républicains que nous défendons : la liberté, l'égalité et la fraternité. Il faut dans notre France que les enfants soient conscients que la société et l'Etat ne vivent que par leurs participations et la construction de leurs projets qui, idéalement, s'harmonisent avec l'idée d'une « marche en avant » humaniste.

Les grands principes des lumières guident notre réflexion et doivent être, révisés à l'aune des avancées contemporaine de la pensée, enseignés et intégrés à l'école républicaine qui est le terreau des démocraties humanistes de demain. Dans cette vision le laïcisme et défendu, nous ne rejetons pas la religions mais la relègueront à la sphère privée, la France n'est pas un pays ou, aujourd'hui, la religion peut se lier à la politique : nous privilégions la vision républicaine de la sphère publique.

Pour que les futurs citoyens soient les acteurs d'un monde plus juste et plus social, il est nécessaire que l'enseignement soit sans cesse adapté : si cela s'avère nécessaire la réforme de l'éducation pourra se faire tous les ans, les changements ne doivent pas nous faire peur s'il participent de la « marche en avant »! Notons que dans cette perspective d'évolution, les principes pourront changer et peut-être que la France de demain ne sera plus républicaine ni laïc. Qu'importe si cela se fait en accord avec les citoyens et de façon démocratique! Il suffit que la démocratie demeure et que ce changement ai été fait, avec la conscience du besoin d'un avenir meilleur, dans le respect d'autrui. Par l'éducation nous espérons que les citoyens comprendrons et s'engageront a l'avancement d'un projet commun : celui du respect de la dignité humaine. Fraternité!

La séparation des pouvoirs et la culture libre

Pourquoi écrire un article d'une telle longueur et, finalement, avec si peu d'éléments pratiques?

La nécessité de la rédaction d'un tel article m'est venue alors que je prenais conscience que nous nous dirigeons vers un avenir que je ne cautionne pas et que je ne souhaite pas pour les générations futures. Je ne suis pas de ceux qui s'engagent en politique, conscient que cela implique une acceptation des règles implicites ou un rejet de celles-ci, mais toujours la volonté de prendre une part du pouvoir et de faire partie de l'élite dirigeante, qu'elle soit ancienne ou nouvelle. Je pense que l'éveil doit être simultané, instantané (à l'échelle mondiale, c'est-à-dire de l'ordre du quart de siècle), et citoyen. Car, soyez-en sûr, les changements ne viendrons pas de prime abord des dirigeants en place ni de n'importe lequel des prétendants qui piétinent le paillasson de l'Élysée, les premiers changement pour aller vers cette « marche en avant » viendront des associations et des espoirs qu'elles portent, j'en suis intimement convaincu.

Je réalise donc ici une synthèse de mes convictions afin que tous puisse, potentiellement, entendre le cri que je lance dans le désert (quel que fut la qualité du cri). Mes opinions se sont forgées au fil du temps par l'assimilation des règles républicaine lors de ma scolarité puis par mon adhésion intellectuelle à certain courants de pensée, notamment le librisme que je cautionne pour sa force et son utopique volonté. Vous l'aurez compris, je pense que par nos actions nous devons tendres vers un changement des mentalités qui pousserait les acteurs politiques à réaliser :

  1. - Que la France doit devenir une véritable république parlementaire avec, certes, un président à la tête de l'état et pénalement irresponsable mais, surtout, un premier ministre chef de l'executif responsable devant l'assemblée seule, qu'il faut donc retirer les extravagants pouvoirs que peut s'arroger le chef de l'Etat ;

  2. - Que des réformes profondes du territoire sont a envisager, et ce grâce à une coordination inter-ministérielle réellement efficace, débarrassée des luttes mesquines de pouvoir ;

  3. - Qu'il faut se défaire de la prégnance néo-libérale et envisager sérieusement des projets alternatifs comme le projet porté par la culture libre, ou certaines théories alter mondialiste comme le SLAM ou la taxe TOBIN [4] ;

  4. - Que l'Europe sociale est ce qui permettra véritablement une mondialisation sociale normative « par le haut » et que le fédéralisme est la forme la plus naturelle que ce territoire puisse adopter dans un soucis d'efficacité et de respect des cultures ;

  5. - Que la culture et l'identité doivent être préservées mais jamais au prix de la remise en question du respect de la dignitée humaine, pour tous et toutes ;

  6. - Qu'il n'est jamais possible de trouver une finalité et qu'il faut former les citoyens à l'idée que nous seront toujours en mutation constante parce que la société mute et que le bien commun le commande ;

  7. - Que nous avons le temps! Voici plus de 4000 ans que l'humanité existe, c'est pourquoi je réclame une république « 5.1 » : les changements doivent être pensés et pris après réflexion, sans précipitions et dans l'intérêt de tous ;

  8. - Qu'enfin les principes républicains que nous récitons bêtement depuis des lustres soient appliqués et que partout, dans chaque action et dans chaque discours - qu'il soit de gauche ou de droite - résonne ce cri:

'Liberté, égalité, fraternité!'


****

Je rêve d'une cohabitation multiculturelle de citoyens responsables et fraternels dans une république idéale et exemplaires au sein d'une union européenne fédérale normative, cohérente et humaniste.

Notes

[1]Nous permettront nous de parler , ironiquement, de « néo-réalisme » ?

[2]Nous aurions pu dire : « institutionnalisation ».

[3]« Déclaration universelle des Droits de l'Homme et du Citoyen », qui sont aussi ceux de la femmes et de la citoyenne : qui sont ceux de tous et toutes!

[4]Je vous renvoi pour cela au "Monde diplomatique" dont les pages regorgent d'exemples de méthodes et de techniques pour construire un autre monde, plus respectueux des différences.

25 février 2008

Quand l'homme oublie sa fonction...


    Quand le sécuritaire et le répressif deviennent les seuls crédos d’un gouvernement qui devrait être là pour guider le peuple, pour mener un politique de l’intérêt général et non pas une politique de la bonne marche ou de la perfection ; quand on se demande s’il ne vaut mieux pas juger sur des pensées plutôt que sur des actes ; quand certains voudraient faire un monde à l’image de leurs esprits sans se soucier de ce que pensent les autres, alors il est un devoir qui se fait pressant : le devoir à la légitime réflexion.
 Bien sûr, les citoyens, et à plus forte raison les citoyens français, n’y sont pas habitués, bien sûr il est tellement plus simple de se concentrer sur nos petits problèmes en oubliant ceux d’autrui qui deviendront – inévitablement ! — les nôtres…

    Souvent me vient l’envie d’exister dans un ailleurs ou tout serais comme je le désire - comme je l’imagine : une société policée ou le politiquement correct serait la règle et la recherche d’un savoir plus vaste, la loi. Cependant, je suis bien conscient qu’une telle société serait profondément dérangeante pour nombre de mes contemporains, alors, dans un souci permanent de consensus (et parce que, de toute façon je ne peux pas faire autrement) j’accepte la vie que l’on m’offre et je me dis que – finalement — elle n’est pas si mal.
 Dans cette perspective, il est nécessaire, pour que chacun vive au mieux dans notre société, que tout le monde accepte les nécessaires divergences de point de vue et la prise en compte constante d’autrui.

    Cette légitime réflexion que je réclame aujourd’hui vient des décisions aberrantes d’un gouvernement, et tout particulièrement — au vu de la forme présidentialiste de notre république parlementaire actuelle – d’un président, dont les électeurs ont pu croire un instant qu’il mènerait une politique de réforme nécessaire, une « rupture » salvatrice.
 Mais qu’avaient donc dans la tête ces foutus électeurs ? À quoi bon attendre une rupture d’un personnage dont on retrouve la trace dans les gouvernements antérieurs ?
 Mais que pensent donc les Français ? À quoi bon élire quelqu’un qui se veut un fervent admirateur des solutions atlantistes quand on a un système social parmi les plus développés au monde ?

    Bien entendu, parler en ces termes de notre président dans la période actuelle c’est un peu comme tirer sur l’ambulance et cela paraît même vain. Mais Bon Dieu ! Qu’il est bon de pouvoir dire « je vous avais prévenues ! » ; « ouvrez enfin les yeux ! » ;…
  Plus prosaïquement, disons que la semaine écoulée marque la « borne des limites » que je m’étais fixées : accepter la vox populi jusqu’à ce point.

    Oublions donc le choix malheureux qui fut fait et revenons un peu sur le point noir qui me préoccupe. Que le président profite de sa fonction ; qu’il s’appuie sur une élite (après tout, tous les régimes sont oligarchiques) ; qu’il n’en fasse qu’à sa tête, passe encore, mais qu’il remette en cause la séparation des pouvoirs, mine de rien, petit à petit, est proprement inacceptable !
  Passons outre le fait qu’il ait fait main basse sur la fonction du premier ministre : il y a eu, pour sa décharge, des précédents, mais par bien d’autre aspect (notamment les comportements observés au sein des chambres ou bien encore les missions confiées à Mme la garde des Sceaux), il a su faire montre d’une volonté intrusive au sein de tous les pouvoirs.
  Le phénomène n’est pas nouveau et aucun pays ne peut se targuer d’avoir une séparation totalement étanche, il n’empêche que la volonté affichée de Mr Sarkozy de passer outre la décision des Sages du conseil constitutionnel montre clairement les ambitions mégalomaniaques du personnage…

    Je me permets de rajouter que si cette loi est jugée, en partie, inconstitutionnelle de par son effet de rétroactivité qu’elle entendait mettre en œuvre, je n’arrive même pas à comprendre qu’une telle loi sécuritaire puisse avoir été votée au Parlement. Heureusement, la décision du Conseil, si le président ne trouve pas de parades, retarde l’application de 15 ans, d’ici là bien de l’eau aura coulé sous les ponts et cette loi sera sans doute retirée.

    Il est temps que l’État se rende comptes qu’il n’existe pas de criminel sans société et que ce sont les citoyens qui sont responsables de chaque crime commis : quand retirerons-nous la tête du sable et oserons-nous envisager, sans honte, qu’il est nécessaire de faire un travail profond sur l’ensemble de la société afin que des notions telles qu’Égalité, Liberté ou Fraternité soient reconnues par tous et, surtout, pour tous?...

 Ps: 80% des français serais en faveur de la rétention de sureté, voilà qui nous prouve, si besoin est qu'il faille le prouver, qu'il y a un singulier manque de sensibilisation et même, n'ayons pas peur de certains mots, d'éducation chez une grande partie de la population. Et les plus pauvres ne sont pas les moins bien instruits en ce qui concerne les problèmes sociaux et les solutions, parfois simples, qu'il suffirait de mettre en œuvres...

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