Apologie d'un espoir nouveau
Par Némo le 12 octobre 2008, 12:50 - Mes opinions... - Lien permanent
Peut-on — doit-on – donner son avis à propos de tout et sur tous les sujets ? Si certains pseudo-philosophes populistes et pédants[1] estiment que oui, il est cependant clair que non.
Détruisez, je vous prie, cette idée, fausse, que tout le monde peut être spécialiste en tout. Personne ne songe à contester que la physique soit le domaine réservé des physiciens ; que l'art soit celui des artistes ; etc. Il en va de même pour toutes les sciences et notamment l'économie et la science politique.
Comprenons-nous bien : je ne fais pas, ici, l'apologie d'une forme aristocratique de gouvernement, la décision en fin revient toujours au peuple, mais la compréhension de certains processus complexes demande un discernement que ne confère qu'un long apprentissage rigoureux, comme dans chaque domaine.
La question se pose alors : ai-je le droit de parler de la crise ? Je ne crois pas, à vrai dire, si l'on considère que c'est un problème économique. Cependant, si l'on s'intéresse au pendant politique de la crise (car c'est une crise, on peut à présent en être certain), alors la réponse se doit d'être modérée. En effet, si je me spécialise dans la science politique, je ne prétends pas encore avoir suffisamment d'éléments, ni être suffisamment instruit, pour pouvoir donner une analyse « correcte » de ce phénomène.
Que reste-t-il alors ? Je ne puis prendre une posture scientifique, aussi ne me reste que la
posture citoyenne.
Croyez-vous que celle-ci constitue un paradoxe ?
Fichtre non : si tout un chacun ne doit pas se tenter à une analyse
tout de go, il peut se permettre d'émettre un avis avec la modestie
et la précaution qui sont alors de rigueur.
C'est pourquoi, puisque nous avons fait ensemble la "rupture épistémologique" d'usage (comprenne qui voudra cette petite blague personnelle), je me permets de rappeler que je donne ici un avis de citoyen « non-spécialiste » qui se base sur des faits et une culture qui dépend de mon cheminement personnel. Cet avis ne saurait être parfaitement exact et possède, bien entendu, une forte prégnance des préjugés qui me construisent.
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Ces jours derniers, nous avons pu assister à une avalanche médiatique concernant la crise financière mondiale qui touche tout un chacun de plein fouet. La finance semble s'être mise en roue libre et le désastre n'est plus évitable. Pourtant, parmi les jeunes, la confiance est parfois présente [2] : enfin, le monde se dénoue et montre son vrai visage.
Si tout semblait bloqué, cette crise apporte enfin la possibilité de changer la donne et de jouer un rôle.
Deux issues sont
prévisibles : le retour à la normale et l'apparition d'un
nouveau paradigme sociétal. Cependant, certains spécialistes[3]
défendent la thèse selon laquelle le système capitaliste connaît
là sa dernière phase et que de nouveaux systèmes sont mis en
concurrence, notamment par des acteurs associatifs. Ainsi, l'avenir
nous apportera sans doute de nouvelles façons de faire et de vivre
ensemble de façon plus juste.
Mais ne nous voilons pas la face : le
système peut également empirer et l'individuation s'aggraver...
En tout cas, le librisme[4] peut, et doit, s'exprimer ici afin de se faire valoir comme une réelle alternative au capitalisme. Il s'agit de suivre attentivement le développement de cette alternative.
Pour résumer, la crise n'apporte pas la misère, elle la rend plus flagrante et veut nous faire accroire que nous en sommes responsables. Ça n'est pas vrai, la finance mondiale se nourrit de la misère est accroit le fossé entre très riche et très pauvre : les chiffres sont éloquents [5]!
Nous étions en paix et la misère semblait loin dans nos pays développés, assez de cette hypocrisie ! Partout des hommes, des femmes et des enfants meurent et mourraient pour que d'autres puissent sauvegarder leurs puissances, qu’elle soit économique ou politique, que ce soit eux vous ou nous.
La chance qui s'offre à nous aujourd'hui est unique, le librisme s'avère une opportunité extraordinaire !
Vive la crise ! Vive le changement !
Notes
[1] A ce sujet - bien que l'on sache que la critique est facile et l'art difficile -, je vous renvoi au dossier lapidaire, mais légitime, du monde diplomatique : L’imposture Bernard-Henri Lévy
[2] Mon propos est un échos de ceux d'Elbe sur son blog dans son article daté du 10. octobre 2008 et intitulé "Vive la crise" ( http://lesyeuxinterdits.hautetfort.com ), gageons que ce ne sont là que les premiers remous issus d'un espoir renaissant...
[3] Je m'appuie ici sur l'intéressant entretiens, réalisé par le monde, de I. Wallerstein le 11.octobre 2008 et intitulé "Le capitalisme touche à sa fin" ( l'article est disponible ici ).
[4] Si vous voulez en apprendre davantage sur le librisme je vous renvoi à trois de mes billets à ce sujet : "Vivre libre" ; "A propos de liberté" et "De l'opportunité d'une république 5.1" (en fin d'article, dans la sous-partie intitulée "La séparation des pouvoirs et la culture libre").
[5] Voir, à ce sujet, deux article du monde diplomatique, l'un issu de la "valise diplomatique" (en ligne) : "Dividendes en hausse, salaires en baisse" (daté du 14 mars 2007) et l'autre issu du monde diplomatique du mois de mai 2008 : "Du pain, des jeux et des milliardaires".


Commentaires
Tout changer...
Ah, la jeunesse...