C'est un peu amère mais pas vraiment surpris que je réécoute le discours de M. Obama.
Bien sûr, je savais que ce ne serais pas le fait que le président soit noir ou démocrate qui allait changer la donne, mais l'espoir - vecteur d'un peuple - que véhiculaient tous les médias commençait à me toucher : je croyais soudain que "yes we can".

Dans ce discours l'on retrouve pourtant tous les mythes dépassés et égotiques d'un pays malade, dont la principale gangrène est l'absolue conviction d'avoir raison et d'être dans le vrai. Cela est d'autant plus mauvais que cette certitude amène un faux sentiment de justice.
Dans ce discours resurgie l'idéal prométhéen qui loue les élites et marginalise les populations les plus faibles.

Le peuple américain en liesse jubile de ne pas avoir à se remettre véritablement en question,  et de s'entendre dire qu'il a fait le bon choix, qu'il est fort et qu'il est juste.
Le peuple français n'est pas moins con, il faut l'avouer, il commence d'ailleurs  à ressentir doucement l'effet" gueule de bois".

Dans ce discours aucune excuses, aucun mots qui ne sonne pas creux et une vision du monde simpliste pour le bon peuple. Il vaut sans doute mieux que je m'arrète là : nous verrons bien à froid.

Peut-être aurais-je été moins amère si l'espoir n'avais pas été aussi grand.
Peut-être est-il nécessaire aussi d'avouer que c'est la solution la "moins pire".

En attendant, de part et d'autre de l'atlantique, les sages semblent s'être tues depuis longtemps déjà.

Dommage...

Allons, rions, bientôt l'idée même d'un état social aura disparu en France alors que Keynes semble reprendre vie aux Etat-Unis.
C'est à pleurer !